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tipologia: Analitici; Id: 1543279


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Titolo Antologia di critici. Marcel Proust (dalla prefazione al libro di J.-E- Blanche 'De David à Degas', Paris, 1919) [e una nota di r.l.]
Riferimento diretto ad opera
Marcel Proust, prefazione al libro di J.-E Blanche, 'De David à Degas', Paris, 1919 {Marcel Proust, prefazione al libro di J.-E Blanche, 'De David à Degas', Paris, 1919}+++   antologia+++  
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Proust, Marcel+++   antologia di+++   
r. l. {Longhi, Roberto}+++   nota di+++   
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M arcel roust P (dalla prefazione al libro di J.-E. Bianche ‘De David à Degas’, Paris, 1919). ‘Le dimanche, Jacques Bianche se reposait, recevait des amis et « causait » quelques-unes des pages qui, écrites plus tard, sont réunies dans le volume pour lequel il m’a fait le grand honneur de me demander cette préface. Ces anciennes « causeries du dimanche », j’ai souvent dit à des amis quand ils les eurent lues dans des revues, qu’à mon avis elles étaient vraiment les « Causeries du Lundi » de la peinture. EtANTOLOGIA DI CRITICI

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.e sais bien tout ce qu’une telle appellation renferme d’éloge. 7e crois pourtant que je faisais un peu tort à Jacques Bianche. Le défaut de Jacques Bianche critique, comme de Sainte-Beuve, c’est de refaire l’inverse du trajet qu’accomplit Partiste pour se réaliser, c’est d’expliquer le Fantin ou le Manet véritables, celui que Fon ne trouve que dans leur oeuvre, à l’aide de Fhomme périssable, pareil à ses contemporains, pétri de défauts, auquel une àme originale était enchainée, et contre lequel elle protestait, dont elle essayait de se sé-parer, de se délivrer par le travail. C’est notre stupéfaction quand nous rencontrons dans le monde un grand homme que nous ne connaissons que par ses oeuvres, d’avoir à superposer, à faire coincider ceci et cela, à faire entrer l’oeuvre immense (pour laquelle au besoin, quand nous pensions à son auteur, nous avions construit un corps imaginaire et approprié) dans la donnée irréductible d’un corps vivant tout différent. Inserire les polygones les plus compliqués dans un cercle ou trouver un mot en losange est un exercice d’une facilité enfantine auprès de celui qui consiste à réaliser, comme diraient les Anglais, que le monsieur à coté de qui on déjeune est Fauteur de Mon frère Yves ou de la Vie des Abeilles. Or, c’est cet homme-là, celui qui n’est que le compagnon de chaìnes de Partiste, que cherche (du moins en partie) à nous montrer Jacques Bianche. Ainsi faisait Sainte-Beuve, et le résultat, c’est que quelqu’un qui, ignorant de la littérature du xixe siècle, essayerait de l’étudier dans les Causeries du Lundiy ap-prendrait qu’il y eut alors en France des écrivains bien re-marquables, tels que M. Royer-Collard, M. le comte Molé, M. de Tocqueville, Mme Sand, Béranger, Mérimée, d’autres . encore; qu’à la vérité Sainte-Beuve a [personellement connu certains hommes d’esprit qui eurent leur agrément, leur utilité passagère, mais qu’il est fou de vouloir transformer aujourd’hui en grands écrivains. Par exemple Beyle, qui avait pris, on ne sait trop pourquoi, le pseudonyme de Stendhal, lan^ait des paradoxes piquants et où il y avait bien souvent de la justesse. Mais nous faire croire que c’est un romancier! Passe pour ses nouvelles ! Mais le Rouge et le JVoir et autres cuvrages pénibles à lire sont d’un homme peu doué. Vous eussiez étonné Beyle lui-mème en parlant sérieusement de cela comme de chefs-d’oeuvre. Encore plus eussiez-vous sur-pris Jacquemont, Mérimée, le comte Daru, tous ces hommes d’un jugement si sùr chez qui Sainte-Beuve rencontrait l’ai-mable Beyle et de Popinion desquels, protestant contre l’ab-surde idolatrie du jour, il peut se porter garant. Sainte
Proust52

ANTOLOGIA DI CRITICI

Proust Beuve nous dit: la Chartreuse de Parme n’est pas l’oeuvre d’un romancier. Vous pouvez l’en croire, il a un avantage sur nous, il dìnait avec l’auteur, lequel d’ailleurs, homme de bonne compagnie s’il en fut, eùt été le premier à vous rire au nez si vous Paviez traité de grand romancier. Encore un gentil gargon, Baudelaire, ayant de beaucoup meilleures ma-nières qu’on n’aurait pu croire. Et pas dénué de talent. Mais tout de mème l’idée de se présenter à l’Académie, $a aurait eu l’air d’une mauvaise farce. L’ennui pour Sainte-Beuve est d’avoir ainsi des relations avec des gens qu’il n’admire pas. Quel brave gar<jon que ce Flaubert ! Mais VEducation sentimentale sera illisible. Et pourtant il y a des traits «bien fìnement touchés » dans Madame Bovary. C’est au fond, quoi qu’on en pense, supérieur à Feydeau.

Ce point de vue est celui auquel Jacques Bianche se place souvent (pas toujours) dans ce volume. Qjuelle stupéfaction pour les admirateurs de Manet d’apprendre que ce révolu-tionnaire était « ambitieux de décorations et de medailles », voulait prouver à ma grande amie Mme Madeleine Lemaire qu’il pouvait faire concurrence à Chaplin, ne travaillait que pour les « Salons » et regardait plus souvent du coté de Roll que de celui de Monet, Renoir et Degas. Or toutes propor-tions gardées, (puisque malgré tout le jugement d’un peintre sur un peintre est un jugement infiniment intéressant), ce point de vue-là c’est tout de mème celui de la dame qui di-rait: « Mais je peux très bien vous parler de Jacques Bianche; il dìnait tous les mardis chez moi. Je vous assure que personne ne songeait à le prendre au sérieux comme peintre; et lui-mème, sa seule ambition, c’était d’ètre un homme du monde très recherché ».

D’un certain Jacques Bianche peut-ètre, mais pas du vrai. Ainsi le point de vue auquel se placent trop souvent Sainte-Beuve et quelquefois Jacques Bianche n’est pas le véritable point de vue de l’Art. Mais c’est celui de l’Histoire. Et là est son grand intérèt. Seulement tandis que ce point de vue-là Sainte-Beuve s’y tient pour tout de bon, ce qui fait qu’il classe souvent les écrivains de son époque à peu près dans l’ordre où aurait pu le faire Mme de Boigne ou la Duchesse de Broglie, Jacques Bianche ne l’adopte qu’un instant, en se jouant, pour multiplier les contrastes, éclairer le tableau, faire revivre la scélge. Mais bien au contraire les peintres, comme les écrivains, qu’il a aimés, c’étaient ceux qui devaient ètre grands un jour, un jour que lui vivait par anticipation, de sorte que ses jugements resteront vrais et que ce livreANTOLOGIA DI CRITICI

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écrit sur les peintres par un peintre qui les a vus travailler, Proust qui peut nous décrire leur palette et les modifications qu’ont subies leurs toiles (donnant ainsi de leurs chefs-d’oeuvre une gravure aussi émouvante que celles qui furent faites jadis de la Cène de Léonard, par Morgen, avant sa dégrada-tion), mais par un peintre qui est aussi un étonnant écrivain, est à cause de cette dualité, unique. Fromentin? dira-t-on. Passons l’éponge sur le peintre; et avouons que récrivain, au moins dans les Maitres d'autrefois, avec ses élégances à la George Sand sinon à la Jules Sandeau, est inférieur à celui des Maitres de jadis et de naguère, Jacques Bianche l’emporte surtout, c’est le point le plus intéressant pour les lecteurs, comme « connaisseur en peinture ». Q^’on se rappelle que dans les Maitres d’autrefois écrits pourtant plusieurs siècles après la mort de ces peintres hollandais, le plus grand d’entre eux, Ver Meer de Delft, rìest mème pas nommé. Certainement, comme Jean Cocteau, Jacques Bianche rendrait justice au grand, à l’admirable Picasso, lequel a précisément concentré tous les traits de Cocteau en une image d’une rigidité si noble qu5à coté d’elle se dégradent un peu dans mon souvenir les plus charmants Carpaccio de Venise.

Sur la manière dont Whistler, Ricard, Fantin, Manet préparaient leur palette, que de révélations, que peut-ètre lui seul pouvait faire! D’autre part, Bianche fait retourner un instant à leur existence périssable, tels qu’il les a connus,

]a table où s’asseyèrent les amoureux chez le pére Lathuile,

« le miroir à pied de Nana », « le mème meuble de chène où tant de fleurs et de fruits peints par Fantin, achevèrent leur brève destinée », « le rideau de velours noir tendu, de-vant quoi le modèle de Whistler posait ». Et ainsi, comme si nous entrions en relations avec la femme vraie d’après la-quelle Flaubert peignit Madame Bovary, ou Stendhal la San-severina, faisons-nous la connaissance de chacun de ces objets de l’atelier que nous avons vus d’abord dans l’inaltérable beauté du chef-d’oeuvre, chacun « tei qu’en lui-mème enfin l’éternité le change ». Et sans doute le retour en arrière que nous fait faire Bianche est plus que piquant, inépuisablement instructif. Il mentre l’absurdité de certaines formules qui ont fait admirer les grands peintres pour les qualités contrai-res de celles qu’ils avaient. (Opposez le Manet de Bianche à l’irréel Manet de Zola «fenètre ouverte sur la nature»).

Tout de méme ce point de vue de l’histoire me choque en ce qu’il fait attribuer par Bianche (comme par Sainte-Beuve) trop d’importance à l’époque, aux modèles. Sansdoute il est d’un bien agréable fétichisme de croire q’u bonne partie du Beau est réalisée hors de nous et que n’aurons pas à la créer. Je ne puis aborder ici ces ques de doctrine. Mais je ne suis pas si matérialiste que de c que les modes du temps de Fantin rendaient plus facile faire de beaux portraits, que le Paris de Manet était pictural que le nótre, que la féerique beauté de Londre une moitié du génie de Whistler’. N o t a . Ci è parso bene riprodurre questo brano dove Marcel Proust appare in aspetto di critico d'arte anche perchè se non er­ , , riamo, la prefazione in cui si trovaè stata omessa nelle edizioni degli , scritti minori ed è comunemente ignorata. Chi infatti si è mai servito di questa intelligente riduzione di Fromentin che va così singolar­ , mente d'accordo con il saggio di un nostro collaboratore in questo stesso numero? E chi sapeva che Proust avesse avuto tempo e voglia di citare persino ‘ le grand l'admirable Picasso'? Sebbene soggiungo , , , possa spiacere che in un accesso di mondanità up to date di fronte , c 5, al ritratto di Cocteau fatto dal malagueno Proust abbia preteso smor­ , zare nel proprio ricordo quegli affascinanti esempi di Carpaccio ai quali l'aveva giustamente avviato la prosa poetica di John Ruskin , suo antico e nobile precedente in critica d'arte. ir. I •)
 


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in: Catalogo KBD Periodici; Id: 32922+++
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Testata/Serie/Edizione Paragone - Arte | Prima serie | Edizione unica
Riferimento ISBD Paragone. Arte : mensile di arte figurativa e letteratura. - 1(1950)-. - Firenze : Sansoni, 1950-. - 21 cm Bimestrale. (( La periodicità varia. Editore e luogo di edizione variano. )) {Paragone. Arte [rivista, 1950-]}+++
Data pubblicazione Anno: 1950 Mese: 1 Giorno: 1
Numero 1
Titolo KBD-Periodici: Paragone. Arte 1950 - 1 - 1 - numero 1


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